De Paris à Kyoto

Chers tous,

Je vous écris depuis le Japon. Moment inoubliable qu’a été celui où, écrasée par mes 50kgs de bagage sur le dos, je me suis écriée dans la gare de Kyoto « HOMU DESU!! ».
Mais reprenons, à Paris.

Moi et mon tendre nouveau mari dînons à la Tour Eiffel. Un superbe cadeau de mariage par mes deux amies, et un beau souvenir pour dire au revoir à Paris la veille de mon départ pour le Japon. Donc, une table pour 2 nous attend au restaurant 58, 1 étage de la Tour Eiffel. Champagne, belles assiettes, moment très agréable clôturé par un thé vert sencha « Mont Fuji » sans le faire exprès.

Une jolie ballade sur la Demoiselle de Fer, mise en beauté autant par ses propres feux que ceux de son parterre parisien. Le panorama est romantique à souhait, bien qu’un brin glacial à cause du vent. Une première fois pour Sacha n’empêche. Puis il faut rentrer, mais pris dans cette toile d’araignée de fer,  la visite est impressionnante. Derniers clic clac, direction le métro.

Au revoir Paris.

***

« Mais Madame, pas la peine, vous êtes déjà en Premium Economy. Et vous pouvez profiter du salon Loundge d’Air France. » Magnifique, à moi les sièges qui s’inclinent, les cup noodles, les glaces, le wifi gratuit, le thé et les snacks à volonté! Vite, allons voir ce salon. Qu’il fait bon d’être privilégié. Ma vie n’est que délices et volupté.

Tout est décidé. Départ de CDG avec 50kgs de bagages, mais qu’importe! Pour l’escale à Narita, on mettra tout sur un chariot, puis arrivée à Itami (Osaka), j’enverrai mes 2 énormes sacs à la maison à Kyoto par takkyubin, un service de livraison. Et moi tranquille, dans le bus. Profite de ton vol, Emi. Et laisse-toi aller à un petit extra d’in-flight duty free…Chut, c’est des cosmétiques pour ressembler à une fille.

Vol tranquil. Tiens, au journal TV, ils annoncent un typhon dans l’après-midi. Bof, si l’on est déjà en vol, c’est qu’il n’y a pas de soucis à se faire, ne ? Peut-être un petit risque de voire toutes les sakura par terre…
Oh, on arrive! C’est le Japon déjà? Ouhlala, le temps est vraiment très mauvais. Et l’avion danse le tango à l’atterissage. Accueillis par un typhon, j’aurais jamais cru que l’on pouvait voler par un temps pareil…

Regarde Guillaume (on était 2 sur ce vol), un stand à la sortie de l’avion avec des pancartes de notre prochain vol et pleins d’autres. Oh, non je crains le pire. « Je suis désolé, votre vol est annulé à cause de vents très forts. Veuillez vous rendre à l’hôtel Truc Shinagawa en prenant le bus à droite en sortant de l’aéroport. N’oubliez pas de récupérer vos bagages en sortant. Vous devrez appeler ce numéro pour reprendre une réservation demain. »

Nooooooooonnnn! Perspective cauchemardesque: récupérer les 50kgs de bagages, se les trimbaler sur le dos, payer le bus (60€ A/R) pour aller dans un hôtel en périphérie nullissime de Tokyo, loin de l’aéroport. Redevoir faire une réservation sachant que tous les vols ont été annulés, ne pas être sûrs de partir demain. Attendre demain alors que c’était la seule journée de libre pour faire les papiers administratifs à Kyoto. Mais surtout, se retrimbaler les bagages depuis l’hôtel.

Non, c’est juste pas possible. Je veux pas rester à Tokyo. J’aime PAS Tokyo! Alors, on décide de tenter le shinkansen, le TGV japonais. Pas sûr parce que déjà, le train Narita Express ne fonctionne pas. Mais pour savoir si les shinkansen circulent jusque dans le Kansai, il faut aller à Tokyo. La perspective d’être bloqué dans un hôtel rend trop tentante le shinkansen. Allez, on va à Tokyo pour prendre ce TGV.

Avez-vous déjà porté des sacs de litière pour chat? Ca fait environ 5kg. Et bien, vous multipliez ce sac par 10 et vous aurez à peu près l’idée de ce que j’avais sur le dos dans les loooongs couloirs du labyrinthe-métro de la labyrinthe-station de Tokyo. Mais heureusement, les TGV étaient en service même pertubé! Délestée de 130€ mais pas de mes 50kgs de bagages, j’entre dans un shinkansen bondé et le voyage se fait debout pendant 2h15.

« Prochain arrêt du train: Kyoto ». Enfin! Bon courage jusqu’à Osaka et Kobe, Guillaume, envois un mail.
Ah! Ce quai, ces panneaux publicitaires, ces magasins, ces gens. Enfin! En plein hall de la gare de Kyoto: « HOMU DESU!!!! » (« c’est la maison!! »). Pendant 30 secondes, oubliés le vol annulé, les 2 heures de voyage debout, la faim, le froid, les 50kgs de bagage sur le dos. L’adrénaline d’être enfin ici, à Kyoto, dans cette ville, « cadeau des dieux à l’humanité », me permet de courir vers la station de taxi.

Oh, pas longtemps, 10 mètres peut-être. Tant pis, je termine en traînant les sacs par terre. Je n’en peux plus, je suis fatiguée, j’ai les épaules lascérées par les lanières des sacs. Mais déjà, je monte dans le taxi. « Doko…? » « Kawaramachi, Marutamachi. Kore, mitte kudasai. » Le chauffeur déchiffre l’adresse sur le papier et démarre. C’est fini. Je monte à l’appartement, je me débarasse des sacs, je prends quelques affaires et je redescends et traverse la rue. Où vais-je déjà? Ah, oui, là…


Ca y est, je suis enfin à la maison.
Bonjour Kyoto

5 réflexions sur “ De Paris à Kyoto ”

  1. :) C’est le début d’une belle aventure. Je n’avais pas percuté que tu partais déjà. Je voulais te proposer un plan hanami au parc de Sceau. Mais là, c’est toi qui va le faire en « vrai ». Vivement photos et articles :)

    Repose toi bien du décalage d’horaire et surtout PROFITE !

    1. Merci, merci :) Moi aussi, j’aurais bien aimé faire quelque chose avant de partir, surtout qu’hanami, c’est pas encore ça… Mais les deux dernières semaines ont été…overbookées?! Est-ce que tu sais quand sera ton prochain voyage ici/là-bas (!) ? :)

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