Images du Japon: Planète Manga

Une petite (mais en fait trop grande) revue d’un ouvrage à image pour le Défi Lecture: Images du Japon, initiée par Kaeru. Je suis un peu à la bourre car c’est mon premier article pour ce défi qui a commencé en Septembre dernier…

Pas aussi récent qu’il devrait l’être, voici un article de l’édition française du Nat.Geo de Septembre 2007. Ecrit par Sylvie Brieu et mis en image par Asim Rafiqui, le reportage tente une incursion dans l’univers du manga au Japon, avec comme toile de fond le rôle qu’il tient en tant que thermomètre de la société, toutes générations confondues.

L’article de 20 pages s’adresse aussi bien aux novices de ce genre littéraire qu’aux amateurs confirmés, abonnés à Shonen Jump et qui ont lu tout les « Bleach« … Les premiers paragraphes sont consacrés à l’auteur japonais culte Shigero Mizuki (Kintaro), une figure typique des auteurs qui ont emmené l’industrie du manga vers le succès. Outre un coup de crayon génial, l’article amène à penser que le succés des manga vient aussi de son envie de coller aux hauts & aux bas que traverse la société japonaise. Un esprit d’engagement qui est parfois récompensé par le gouvernment comme Kaiji Kawaguchi (Spirit of the Sun), ou qui parfois sombre dans les travers de la libres expression comme les idées révisionistes, appelées orgueillisme par Yoshinori Kobayashi (Manuel pour un nouvel orgueillisme – lire aussi ici).

Les chiffres de l’édition du manga et le système de notation, comme pour les séries publiées de Shônen Jump, montre à quel point l’avis des lecteurs est le pilier qui soutient l’industrie. On peut ainsi mieux comprendre l’intéraction entre le genre et le public, comme une symbiose entre un lecteur avide d’aventures ou de visions du monde qui lui correspond et un éditeur disposant d’une très large palette d’auteurs qui viendrait alimenter à la fois l’avidité du lecteur et le porte-monnaie de l’éditeur.

Très large palette en effet, car l’article s’intéresse aux éditions paralèlles au marché officiel qui sont celles des fanzines et du public non négligeable qu’ils attirent lors des conventions comme le Comita (Tokyo), un salon totalement consacré aux dôjin-shi 同人誌 (fanzines). Le phénomène est associé en partie aux envies défouloires des otaku, dires appuyés par quelques photos prises dans leur QG, le quartier D’Akihabara à Tokyo . D’ailleurs, les termes clichés comme « impact (…) néfaste », »violence (…) nocive », « masturbation », « fétiches » sont bien accolés à celui d’otaku qui est défini comme vivant « reclu dans (sa) chambre, avec des collections de figurines et des écrans de télévision » et « …(sa) phobie sociale… ». Bref, on sent encore une enième confusion du terme otaku avec le hikikomori.

L’article finit sur l’influence de la J-pop culture inévitablement associée à la culture manga, et la part belle que lui fait le gouvernement depuis le début du siècle. C’est en effet en 2007 qu’est né le Prix international du Manga organisé par le Ministère des Affaires étrangères, et sûrement le fer de lance du projet ‘Cool Japan’ pour braver la perte de vitesse d’une identité nationale dans le contexte de la globalisation (lire l’article ‘Ni mode, nitendance, la Nipponmania‘). La citation qui conclut l’article, par Jacqueline Berndt de l’université de Yokohama, est cependant révélatrice du succès du manga « produit hybride » des cultures: un succès tant auprès des Japonais qui se délectent de héros aux traits occidentalisés qu’auprès des étrangers qui goûtent à cette vie japonaise au travers de scénarii bien codifiés par l’industrie japonaise du manga mais dont on ignore sûrement toutes les subtilités.

Après l’article, une double-page sur un des montres du manga: Keiji Nakazawa, l’auteur de Gen d’Hiroshima, que je lirai en fin de PAL pour ce défi lecture (voire la liste ici). Une bonne introduction pour mieux comprendre l’auteur et son expérience car Keiji Nakazawa est un hibakusha et Gen d’Hiroshima est son oeuvre autobiographique.

En conclusion, un article sympa où on apprend pas mal de choses sur un sujet que l’on croyait maîtriser (enfin pour les vrais amateurs) car déjà archi-documenté. Les photos sont un poil trop sombres mais elles renvoient bien la dualité culture de masse/fantasme de l’individu, et complètent assez bien l’article. On lira parfois quelque clichés mais oserai-je rappeler que les manga ne se gênent pas pour piocher allègrement dans ceux-ci, parfois à la limite de d’écoeurement; peut-être là un petit côté addictif qui fait toujours revenir vers des nouveautés les générations un peu plus adultes des lecteurs. Allez, je l’avoue, je lis encore avec délectation du Yuu Watase

Une réflexion sur “ Images du Japon: Planète Manga ”

  1. Merci encore pour ton petit mot. Je constate que tu as toi déjà monté ta petite boutique. J’espère moi aussi mettre tout ça en place très vite pour que mes dessins puissent faire plaisir qui sait à d’autres que moi ; mon blog étant tout frais tout nouveau, je fais mon nid petit à petit. :)

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