La copie, moi et mes idées.

« La seule façon d’être suivi, c’est de courir plus vite que les autres! »

(je sais pas de qui c’est, mais c’est drôlement intelligent!)

Aujourd’hui, je vais parler d’un problème qui fâche: la copie de « créations ». Sans faire de grandes phrases (j’espère) ni utiliser des grands mots (qui font peur trop tard). En fait, je voulais en parler car récemment, 2 faits m’ont montré combien on était hors de la plaque lorsque l’on pensait détenir une idée créatice à soi, que par soi et que « non, t’as pas le droit de copier ».

Grâce à Internet, les réseaux sociaux, l’apparition de tout un tas de plateformes de vente en ligne, le boom des blogs, les 35 heures et le statut d’auto-entrepreneur, les loisirs-créatifs se sont transformés en un véritable business model où on y va tous de notre petite création. Ca veut dire des centaines d’idées qui fusent tous les jours sur la toile car le net est notre première vitrine pour exposer notre travail.

Et le phénomène est amplifié par les réseaux sociaux qui permettent de partager tout cela entre nous, avec les autres, avec LE RESTE DU MONDE. Ca veut dire potentiellement, des centaines, des milliers de vues pour une image de votre dernier post de blog sur votre bracelet médaillon peau de banane vitrifiée et perles de rocaille recyclée de bouteilles de coca (ceci est un exemple…). Où est la copie dans tout ça? J’y viens.

L’autre jour, une réalisatrice de luminaires avec papier chiyogami a passé commande de papier. Comme je suis toujours curieuse de voir ce que les gens font du chiyogami en dehors du Japon, j’ai donc visité son site. J’ai été suprise de retrouver parmi ses luminaires, une confection avec un petit plus que j’avais réalisé il y a plus d’un an. Sur le coup, j’ai froncé les sourcils et me suis dit « Eh mais, c’est MON idée! »

Quelle réaction primaire! Parce que 1) j’ai conçu un tutoriel disponible ici pour réaliser ce genre de luminaire et 2) si l’idée en soi semble originale parce qu’elle m’a traversé l’esprit, elle ne l’est pas. Internet regorge de cette même idée que je pensais si unique. Je me suis dit que la créatrice avait peut-être acheté le tutoriel, et que de toutes façons, il n’y a pas de droits de reproduction sur cette idée.

Et puis, une amatrice de papier japonais que j’ai rencontré récemment, m’a évoqué le fait qu’elle avait reçu des mots tendres d’une créatrice à papier japonais qui lui disait qu’il ne fallait pas copier (ses) les idées de autres, comme, par exemple, des badges en chiyogami. J’étais un peu surprise qu’on se tire dans les pattes à ce point alors que l’idée court les blogs depuis le retour en froce des machines à badge chez les US mummies…

Mais c’est là que le bât blesse. Beaucoup de gens se sont lancés dans l’aventure de la vente du fait-main en pensant pouvoir avoir un joli pécule à la fin du mois (surtout sur les matériaux de niche comme le papier japonais). Le rêve de devenir une star de DIY ou avoir un blog à 1000 visiteurs par jour nous pousse un peu à s’éloigner de la réalité: tout le monde fait pareil, no exception.

Et pour peu que l’on ait un jour confectionner quelque chose avec une idée qui nous est propre, la mettre en vente en ligne, c’est le risque de la voir copier. Je vous dis: et alors? C’est le jeu, ma pauvre Lucette. Le cas de Stephanie Koener & une grande marque de vêtement (de merde) est juste symptomatique. Une fois sur Internet, si elles sont originales et simples à reproduire, soyez sûr(e) qu’elles seront copiées.

Je ne compte plus les boutiques en ligne de créatrices (on va dire à 99%, ce sont des femmes hein) de bijoux en origami, breloques, tissu Liberty et autres matières premières très en vogue en ce moment. Pour l’originalité des idées, on repassera. Mais le succès de celles qui réussissent avec leur boutique passent par une chose: le temps. Et c’est là notre seule arme pour le succès. Je développe.

Il y a des mois de cela, je me suis lancée dans la confection des luminaires avec du papier japonais. J’avais pas inventé l’eau chaude et je le savais. Mes réalisations ont eu un petit succès et je les ai affichés partout sur mes internets, à la vue de tous. Mais, j’ai arrêté d’en faire parce que je n’avais plus le temps et l’euphorie est retombée. Parce que le le temps m’a manqué, je n’ai pas pu:

  • développer et perfectionner le processus de fabrication -> + de production, baisse des prix, + de ventes
  • élaborer + d’idées originales et créatives -> bouche à oreille, effet viral…
  • utiliser des outils marketing efficaces -> site attrayant, portfolio, boutique en ligne…
  • faire sa pub et entretenir son réseau -> devenir une référence dans son domaine
  • réfléchir à une stratégie communication -> + de visites, + de ventes, + de popularité…

Si on veut réussir dans la vente du fait-main, la clé n’est absolument pas d’avoir des idées super orignales et créatives, ce n’est pas QUE  cela. Il faut savoir entretenir son image. Et cela passe pas un investissement au niveau du temps, du temps, du temps… Si l’on part en connaissant les règles du jeu, on a plus de chance de savoir mener sa barque à bon port, au milieu de milliers d’autres rameurs comme nous.

De toutes façons, on a tous un jour copier quelque part! Les maîtres peintre ont eu des élèves qui les copiaient, et ça faisait partie de la pédagogie de l’apprentissage. La copie est le point de départ vers l’originalité, vers l’élaboration de son propose style. La copie, c’est l’inspiration et puis c’est tout. Et si nos confections se trouvent copiées et que ces copies marchent mieux sur un autre site, c’est notre faute. On a merdouillé quelque part, parce qu’on a pas investi notre temps comme il le fallait.

Pensez: vaut-il mieux passer son temps à envoyer des emails aux gens qui ont fait la même chose que vous et leur explique « Faut pas copier, c’est pas bien! » (et ternir par un peu son image et celle de sa marque au passage) ou bien passer ce temps à feuilleter des livres ou regarder des magazine pour s’inspirer et puis sur un cahier à croquer? Le succès tient en 2 mots: faire mieux (que les autres).

C’est quand-même un gros débat, et ça touche tout le monde, et on trouve des solutions, des bonnes (où ça?), des mauvaises (souvent). J’aimerai bien savoir comment vous vous en sortez, et quelles sont vos idées sur le sujet. Moi, c’est carpe diem. Qu’on me copie, je m’en fiche. Je sais que si j’avais ce put** de temps, Chiyogami touch aurait une autre envergure.

Un dernier petit mot pour vous rassurer: vous avez pris le temps de lire mon blabla, c’est un investissement de temps parce que vous savez maintenant ce qu’il reste à faire ^_^. (Arrêter de chasser les sorcières et partir plutôt à la chasse au temps et aux idées…>_<).

 

Une réflexion sur “ La copie, moi et mes idées. ”

  1. Je trouve votre texte magnifiquement écrit. Je suis une créatrice en herbe, pas en lampe mais en « tableau déco ». Vous faites des choses splendides et je pense que pour vous c’est une passion. En faites-vous votre métier? (Simple curiosité). Je vous souhaite vraiment de réussir.

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