La lumière révéle l’essence du papier

japanese paper candle holder

Je crois qu’il n’y a rien de mieux que de jouer avec la lumière pour sublimer un washi. Quand je trouve un washi, la première chose que je fais, c’est de le regarder en transparence.

Bien sûr, la texture du papier est visible de suite lorsqu’il est à plat, presque mort. Oui, mort. Car cette lumière cruellement projetée sur la matière, en écrase les aspérités, comble ses irrégularités, aseptise ses couleurs, unifie tout.

Alors qu’à travers lui, elle révèle une autre texture, des fibres et des alvéoles fantômes qui n’apparaissent que pour celui qui les cherche. La lumière rend le washi vivant car le flot lumineux coule dans ces fibres cachées comme du sang dans les veines.

Les fantômes de papiers sur des étales reprennent vie lorsqu’on perce leur peau de ce même soleil qui les a rendus si blafards. Le washi a donc plusieurs vies, plusieurs visages, c’est une matière inerte pour les foules mais ranimée dans le secret par les alchimistes papier.

D’ailleurs, un des principaux usages du washi dans le quotidien japonais n’est-il pas celui de paravent? On utilise ses propriétés diaphanes pour se cacher derrière les shôji tout en profitant de la lumière qui diffuse au travers du papier. Et que dire de toutes ces lampes japonaises qui éclairent nos pièces en projetant le motif des entrailles du papier sur nos murs?

Savoir guider la lumière pour pénétrer le coeur du washi, c’est toute une biologie qu’il faut maîtriser! En attendant de passer maître (laissez-moi un peu rêver…), j’étudie par expérimentation ces mort-vivants et leur anatomie, en faisant des petits luminaires.

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 How to

Pour ce photophore, j’tilise un washi asarakusuigqmi 麻落水紙. C’est un papier sur lequel on fait tomber (落 raku) de l’eau (水 mizu/sui) pour laisser apparaître des jours lorsque la feuille de papier sèche (voir la vidéo ici). Asa (麻), c’est le chanvre, des fibres plus fortes que l’on voit et que l’on sent dans la texture du papier. Un papier parfait pour jouer avec la lumière. Je découpe des bandes de papier avec une largeur arbitraire. Des minces, des larges, il faut garder un aspect ‘organique’ au travail. J’utilise de la colle à bois « Bondo » (photo n°3) qui sert à un peu tout au Japon, elle est très pratique ^_^ J’en étale sur la largeur qui correspond à celle de la bande que je vais mettre. Je colle le papier, ça dépasse un peu sur les bords mais c’est pas grave. Je veille à ce qu’il n’y ait pas de jour entre les bandes. Le papier se chevauche en haut et en bas du globe mais ce côté ‘collage’ est intéressant. Je laisse bien sécher une demi-journée. Avec un cutter bien coupant, j’égalise le papier en haut et en bas pour avoir des bords nets. Je sème des petits peluches de papier partout. Je suis bonne pour passer l’aspirateur :-( Il fait nuit, parfait pour tester ma réalisation. Je sors sur la véranda et prend des photos de cette radiographie lumineuse du papier. On voit la flamme danser dans les jours du papier et on voit aussi toutes les fibres qui le composent. C’est superbe et presque magique, je suis contente du résultat.

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