Boutique de papier japonais Kamisho Miyabi (Tokyo)

Kamisho_miyabi 1 papier japonais washi yuzen

Vous vous souvenez, il y a longtemps (enfin 3 ans…), avant mon départ pour le Japon, j’avais repéré cette boutique dans les environs de Tokyo (à Tachikawa) : Kamisho Miyabi. J’étais en extase devant la photo de ce magasin où pendent de partout des feuilles de papiers japonais, et géré par M. Miyabi, un amoureux du washi.

Kamisho miyabi 4 papier japonais washi yuzen

Et bien, en Juin, j’ai profité d’un court week-end à Tokyo pour me rendre là-bas. Enfin! Et les photos de l’article ne mentait pas. Il y a vraiment des feuilles de papier du sol au plafond. Des rayons, des étagères qui croulent sous les innombrables papiers du monde entier: japonais, népalais, coréens, malaysiens. Il y a aussi un atelier de fabrication de papier chaque mois: prenez un réservation via la page Facebook de la boutique (M.Miyabi parle un peu anglais)

Kamisho miyabi 2 papier japonais washi yuzen

J’ai mis beaucoup de temps à choisir des papiers, surtout qu’il y a tout un éventail de prix allant du simple washi à celui haut de gamme. Je voulais trouver des papiers originaux à mettre dans la Washi Box de ces derniers mois. Et finalement, j’ai choisi des washi qui reflétaient le travail artisanal des fabricants japonais.

Kamisho miyabi 3 papier japonais washi yuzen

Ce fut donc un « back to basics » avec un Iyowashi asagami fabriqué à Ehime (Shikoku) avec de l’abaca (chanvre de Manille), un kaya-suki dont les marques de vergeûre (kaya) du tami en bambou apparaissent sur le papier, ainsi qu’un washi de fibres de kozô non blanchies qui donnent un aspect très rustique au papier.

Kamisho miyabi 5 papier japonais washi yuzen

J’espère retourner à ce magasin la semaine prochaine, et y en rapporter des nouvelles merveilles que je mettrai pour sûr dans la Washi Box, et peut-être sur la Petite boutique du Papier japonais (quand elle aura ré-ouverte :p). Si vous vous rendez sur Tokyo un jour, n’hésitez donc pas à prendre un train pour Tachikawa et visiter cette sublime boutique!

Kamisho Miyabi 紙匠 雅
à 100m de la gare de Tachikawa, Tokyo (東京・立川市 – 〒190-0023 )
Via la ligne de métro Chuo (il y a des express depuis Tokyo).

Un petit tour à Kyoto

Je suis allée à Kyoto le week-end dernier (pour faire un tour des papeterie biensûr!). Ayant eu un peu de temps devant moi, je suis allée à dans le quartier d’Higashiyama où l’on trouve le temple Kyomizudera, et Gion, le très célèbre quartier des Geiko (geisha de Kyoto).

Beaucoup de filles (probablement des touristes) se promènent en yukata! Ca donnait des couleurs aux rues parce que le ciel était gris. Et comme je suis arrivée dans Gion après 17h, j’ai croisé 3 Geiko!! Impressionnant. J’ai pas osé prendre de photo, les pauvres sont déjà tellement poursuivies…

Pourtant, plus tard, lorsque la nuit était déjà tombée, j’ai pris un cliché d’une geisha entrant dans un restaurant. Moins apprêtée que ses cadettes, cette femmes avait pourtant une maturité et une élégance qu’on ne pouvait que remarqué. Même à la faible lueur des réverbères. Puis le raffinement eut disparu sous un noren.

Yukata_kyomizudera_kyoto_washi

geisha_gion_kyoto_washi

Il était une fois la Washi Box

Cela fait 2 ans que la Washi Box existe et je suis vraiment heureuse des nombreux encouragements et de l’enthousiasme que ce projet soulève. La Washi Box, c’est avant tout une furieuse envie de faire découvrir le monde du papier japonais à tous les curieux, les amoureux du washi, tous ceux que le veulent surtout. Le papier yuzen est de plus en plus tendance en France et ailleurs, de fait. Une tendance qui s’est développée l’année où j’ai déménagé au Japon. Les bijoux en origami ont commencé à se démocratiser sur les plate-formes de vente en ligne.

Malheureusement, pour beaucoup de gens qui sont au fait de la blogosphère déco et DIY, le papier japonais se limite à un papier à motif fleuri. Et c’est là, un peu, mon drame. Je trouve cela extrêmement dommage. Le washi est tellement plus que ça!! Biensûr, moi aussi j’ai eu un énorme coup de coeur lorsque j’ai découvert ces motifs colorés, joyeux, charmants, élégants même, lors de mes voyages au Japon. Mais j’ai vraiment voulu savoir ce qu’il y avait de spécial dans ce papier. Et c’est alors que j’ai vraiment basculé dans le monde du washi.

Car sous les couches de couleurs, il y a du papier. Du vrai washi. Et ce washi, c’est un joyau de l’artisanat japonais. Ce washi, ce sont des gens au bout du monde, dans des ateliers sans dessus dessous, qui mettent toute leur énergie à créer un produit de qualité. Ce washi, ce sont des heures d’apprentissage, de façonnage, de centaines de répétition d’un même geste. Le washi, c’est une partie du coeur de la culture japonaise. Un peu brut, un peu imparfait, mais toujours fabriqué avec un soin sans défaut. Quelque chose qui a été crée pour un usage au quotidien, pour résister à l’épreuve du temps, mais aussi pour charmer nos sens par une beauté tellement subtile, qu’une fois maquillée, elle est invisible aux yeux qui ne savent pas voir.

papiers-japonais-washi-box-septembre2014

Papiers japonais de la Washi Box de Septembre

Bien sûr, j’aime aussi le chiyogami et le papier yuzen, la créativité qu’ils inspirent, leurs motifs sans cesse renouvelés par les studio japonais. Mais je suis encore plus émue lorsque je touche, je sens une feuille de papier washi. Je vois le travail, l’homme, l’atelier, l’eau et les plantes dans ce papier. Le washi a une âme, vraiment. Je me suis rendue compte qu’il y avait alors toute une culture à faire découvrir, en plus de jolis papiers. Et c’est pour cela que j’ai monté le projet de la Washi Box, dont le contenu permet à la fois de rester créatif et très tendance avec les papiers aux derniers motifs en vogue au Japon, mais aussi d’explorer plus en profondeur le medium source qui sert notre, votre, envie de réaliser de jolies choses, et avec sensibilité.

Aujourd’hui, la Washi box est à la fois un moyen de découvrir, collectionner, et diversifier son stock de papier japonais. Et chaque jour, je me creuse la tête avec, bien entendu, ce qu’il y aura dans la prochaine box, mais aussi des aspects plus pratiques qui tiennent particulièrement avec la vente d’un produit, l’attente des clients, et tout un tas d’autres paramètres qui font qu’un jour, j’aimerai que ce projet soit à la fois une source de revenus et une passion qui puisse être menée sur le long terme. Et en ces temps d’ajustement et de perfection de la Washi Box pour en faire le vecteur ultime de la culture du papier japonais, j’y mets tout mon coeur! (et mon quota de sommeil aussi ^_^’ )

La Washi Box est une sélection mensuelle de 10 papiers japonais au format A4, en provenance directe du Japon. Pour en savoir plus sur la Washi Box, rendez-vous sur washibox.com.

Gokayama, les autres origines du papier japonais

C’est probablement dans les coins les plus reculés du Japon que l’on trouve de vrais papiers japonais. Tout du moins les plus artisanaux. Clairement, le washi est confectionné à partir de plantes, et le processus de fabrication qui utilise de grandes quantités d’eau claire nécessite d’être a proximité, le plus souvent, d’un cours d’eau. Dès lors, on va souvent trouver les origines du washi dans des petits villages encaissés dans les montagnes.

Ainokura (Gokyama)

C’est le cas pour le papier de la région de Gokayama (dans la préfecture de Toyama).L’histoire veut qu’après sa défaite contre le clan Minamoto (12e s.), les survivants du clan Heike se serait réfugier dans les vallées de Gokayama pour s’y installer, y apportant la culture de Kyoto dont le washi fait partie. C’est en parallèle des travaux agricoles que la fabrication du papier s’est développé.

Ainokuara (Gokayama)

Il est aussi possible que du papier ait déjà été fabriqué bien avant dans la région, car les chroniques de Shosoin datant du 8e s. mentionnent ‘Les 400 feuilles de papiers d’Echû’, Echû étant le nom d’une ancienne province japonaise dont fait partie Gokayama.

Profitant d’un long week-end dans le Toyama, je me suis rendue à Ainokura, un des villages aux maison en toit de chaume (gasshô-tuskuri) de Gokayama. Ainokura est en fait ‘le village du papier’ car c’est ici que l’on y retrouve l’artisanat papier datant des Heike. L’une des maison gasshô est une boutique qui vend le ‘washi de Gokayama’ 五箇山和紙 (suivez les panneaux).

On peut aussi s’essayer à la fabrication d’une feuille de washi, en 10 min chrono! Plus loin, en longeant la route principale qui descend dans la vallée, on retrouve l’atelier de fabrication du Gokyama washi (l’atelier s’appelle tout simplement Gokayama washi). La boutique est plus fournie que celle du village, et il est possible de descendre visiter l’atelier (sans rendez-vous).

Lorsque je m’y suis rendue, il y avait un artisan en plein travail de fabrication de papier pour ombrelle japonaise (wagasa), commande de l’atelier Hiyoshiya à Kyoto. Ca a été une chance de visiter un vrai atelier qui reçoit des commandes de tous les pays. C’est vraiment de ces endroits là que viennent les papiers que proposés pour la Washi Box et la Petite Boutique de Washi.

Une petite discussion avec la personne présente est donc vite entamée. L’atelier confectionne du washi uniquement à partir du kôzo qu’ils cultivaient sur place.  Le tororo aoi, lui,  est produit dans la préfecture d’Ibaraki. Le papier qui sort de cet atelier est donc 100% japonais, alors que certains sont maintenant confectionnés à partir de kôzo ou tororo aoi importés d’Inde ou de Chine.

L’atelier est ouvert aux visites et il est aussi possible de s’essayer à la fabrication de papier (avec rendez-vous) dans une ambiance un peu plus authentique que celle dans la boutique du village, puisque l’on a l’occasion d’utiliser les outils de l’atelier! Les différentes étapes de fabrication sont indiquées par des pancartes au dessus des équipements…L’atelier est quelque peu encombré, et j’ai compté 3 batteuses naginata (machine qui cisaille les fibres de kôzo). Ca prend beaucoup de place ces bêtes!

Les utilisations du washi de Gokayama sont assez classiques: porte coulissante (shojigami que vous pouvez voir dans les maison gasshô), lanternes, ombrelles, écriture. Les papiers de qualité supérieure sont utilisé pour de la restauration de bien culturels nationaux, comme les shoji de la Villa Impériale à Katsura (Kyoto).

Lorsqu’il est teint, le papier est aussi très utilisé pour faire du chigiri-e, ces tableaux de collages de washi découpé (déchiré) à la maison. Un concours/exposition national a lieu au Gokayama Washi no Sato en ce moment (9 Sept au 26 Oct), en même temps que le Washi Matsuri (fête du washi) de Gokayama.

Pour se rendre à Gokyama depuis Toyama: train pour Takaoka ou Johana puis bus « World Heritage »(Seikaiisan bus). Si le coeur vous en dit, et parce qu’il est possible de faire quelques villages en une seule journée, vous pouvez pousser jusqu’à Shirakawa-go, le plus connu des villages aux toits de chaume. Plus d’informations sur le village d’Ainokura en cliquant ici.

Idées lumineuses avec les photophores

La lumière est le moyen le plus simple de révéler tout l’intérêt et la richesse du papier japonais, qu’il soit à motif ou à texture. Je vous en parlais dans cet article avec un petit tuto pour un photophore de douceur.
Pour vous donner quelques idées créatives mais néanmoins simples à réaliser, inspirez-vous du pinboard « Photophores en papier japonais » (clic) que j’agrémente au fil des mes visites sur la toile DIY :)
La Washi Box vous offre une jolie sélection de papier japonais pour que vous puissiez combler toutes vos envies de washi. Et sur la petite boutique du papier japonais, vous pouvez choisir autant de motifs que vous souhaitez (soldes sur la boutique jusqu’au 29/7)