Fabrication du washi

1. Les plantes à papier japonais

A la base de tout washi, il y a les fibres qui feront la pulpe du papier. Ces fibres sont issues différentes plantes, dont les plus utilisées sont :

– le kôzo 楮 (mûrier à papier) – c’est le type de papier le plus commun, car les fibres de la plantes sont longues et résistant, produisant un papier souple et résistant. Les branches de kôzo sont sont récoltées au début de l’hiver, en Novembre, lorsque la longueur atteint à peu 120cm.

– le mitsumata 三椏 (edgeworthia papyrifera) – du fait des fibres plus courtes, on utilisera le papier issu du mistumata plus pour de l’écriture ou l’impression.

– le gampi 雁皮 (daphne sikokiana) – la culture de cette plante étant difficile, c’est souvent la version sauvage qui est utilisée. Le papier produit est brillant, souvent d’un gramage très léger et insecticide, ce qui en fait un support de choix pour la conservation ou la restauration d’oeuvre.

De ces plantes, ce n’est pas les fibres intérieures qui seront utilisées, mais l’écorce des tiges. Ces sont les premières étapes de la fabrication du papier: à la récolte (karitori), les branchages sont passés à la vapeur (mushi 蒸し). On peut alors facilement les écorcher (kawahagi 皮剥ぎ).

Après la récolte du kôzo en images.
La récolte du mitsumata en image

2. Fabrication de la pulpe à papier

Hoshi 干し
Après le mushi et kawahagi, les écorces sont séchées ; elles ressemblent alors à de très longues feuilles de maïs séchées. On est encore un peu loin de la pulpe de papier que l’on souhaite obtenir.

Takuri たくり
Après séchage, la partie foncée de l’écorce est retirée, souvent via un travail manuel mais il existe aussi des machines rudimentaires pour cette tâche.

Fibres de kôzo - Takuri

Sarasu 晒す
Les écorces grattés sont alors séchées au soleil pour les blanchir. Dans les régions où il neige beaucoup, les écorces sont séchées sur la neige (yukisarashi 雪晒し). Selon les ateliers, cette étape peut aussi intervenir après le jojin.

Shajuku 煮熟
Puis les fibres sont à rinsées dans l’eau (arai 洗い) puis bouillies pendant 2 à 3 heures dans une solution alkaline (traditionnellement de la potasse) pour éviter leur acidification et éliminer toute matière autre que la cellulose.

Akunuki あく抜き/ Jojin 除塵
Puis vient l’étape où il faut retirer les impuretés des fibres, les mains plongées dans l’eau froide pendant des heures…Une fois cette étape terminée, on obtient des boules de fibres bien plus blanches qu’à l’origine. Après cette étape, certains ateliers blanchissent les fibres épurées dans une solution contenant de la javel.

Bassin 'akunuki' - Retirer les impuretés du kôzo

Rikai 離解 / Dakai 打解
Les fibres nettoyées sont battues soit à la main, soit sous des pillons pour séparer les fibres sans pour autant les casser (hogusu 解す). La pulpe est véritablement obtenue lorsque les fibres battues sont passées dans une machine à lames (naginata), où le cisaillement réduit la longueur des fibres.
Naginata / batteur

Voilà! Après des jours de travail, la pulpe de papier faite à partir de kôzo est enfin prête…

➼ Les étapes de fabrication du washi en vignettes
➼ Processus de fabrication en images

3. L’autre ingrédient indispensable, le tororo aoi

Afin que la pulpe de papier reste en suspension dans l’eau du bac de fabrication, une solution micellaire faire à partir des racines du tororo aoi est ajoutée. Ces racines sont battues au maillet puis laissées à tremper dans de l’eau froide pour en excréter du micellium de la plante. De plus, cette colle végétale évitera que les fibres du papier ne se séparent lorsque que la feuille sera sèche, surtout si celle-ci est très fine. L’utilisation du tororo aoi est un exemple de perfectionnement par les Japonais de la technique de fabrication du papier venue de Chine.


Les deux ingrédients pour faire du washi sont prêts. Le processus de fabrication de papier s’appelle kami suki  紙漉き en japonais. Il est possible d’y assister ou de s’y essayer dans beaucoup d’ateliers de fabrication au Japon. La plupart du temps, il faut prendre rendez-vous avec ces ateliers. Voici une liste d’adresses où il est possible de faire du washi:

Gokayama Washi (Nato shi, Toyama)
Gokayama Washi no Sato (Micho no Eki Taira, Toyama)
Keijusha (Toyama)
Nakatomi Washi no Sato (Minobucho, Yamanashi)
Papyrus kan (Echizen, Fukui
Yu no Kuni (Komatsu, Ishikawa)
Kamikoya (Takaoka, Kochi)
Washi Club (Kyoto)
Awagami Event Hall (Yoshino, Tokushima)
Qraud (Kuraudo) (Agawa)gun, Kochi)

Plus d’adresse: via ce lien

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