Techniques

Un très long procédé pour créer la pulpe du washi à partir de fibres de plantes, précède la manufacture des feuilles de papier. Ce procédé est expliqué sur la page: Fabrication du washi

Le washi se fabrique à l’aide de cadre moulant en bambou, appelés sukigeta 漉き桁 (cf. photo ci-dessous). Un sukigeta est composé de 2 parties qui se ferment l’une sur l’autre, et entre lesquelles on a inséré un écran de bambou su 簀 qui retiendra la pulpe.

Set de fabrication (molza.co.jp)

Ci-dessous, je vous expose l’atelier Kami-suki que j’ai suivi au Rakushi-kan de Kyoto. On m’a montré la technique tame-suki 溜め漉き selon laquelle on agite gentiment le cadre moulant pour répartir la pulpe, puis on laisse drainer l’eau à travers l’écran de bambou.

L’autre technique de fabrication s’appelle nagashi suki 流し漉き (voir vidéo ci-dessous). Cette technique est plus courante pour faire du papier très fin, tel que le tengujo ou unryu washi, et selon laquelle on évacue l’excès d’eau par des mouvements de va-et-vient très énergiques puis un renversement du suki-geta pour évacuer le restant d’eau.

L’étape avant de commencer à faire des feuilles de papier est le mélange des fibres/pulpe et du tororo aoi dans un grand bac. C’est à ce moment que l’importance du tororo aoi se mesure car, aussi vigoureusement que l’on puisse brasser le mélange, les fibres retomberaient au fond du bac sans ce neri (colle) qui les maintient en suspension.

On prépare son suki-geta. Bien fermé, le cadre est prêt à être plongé…Vient alors l’étape où l’on récolte le mélange dans le suki-geta et où l’on agite légèrement selon la technique tame-suki. Sur les photos, on remarque que le papier est épais.

Une fois l’eau drainée, on peut récupérer l’écran de bambou sur lequel reste la pulpe, bien accrochée. Là où on triche lors de l’atelier, c’est lorsque l’on utilise une machine qui aspire l’eau restante et qui compacte les fibres. Remarquez sur la photo la différence entre la partie sèche et la partie encore détrempée du papier.

Ca fait gagner pas mal d’heures sur le séchage, surtout lorsqu’il n’y a pas de soleil dehors. On finit de sécher le papier sur une plaque chauffante; on passe sur le papier une brosse douce pour lisser encore un peu plus les fibres et avoir une surface d’écriture sans aspérité.

3 réflexions sur “ Techniques ”

  1. Bonjour,
    C’est très agréable de visiter votre site.
    La technique de fabrication du papier washi est très intéressante et je me demandais dans quel « type » de magasin on pouvait trouver un écran de bambou su 簀 « original » et si cela est possible en France ? J’ai tenté de reproduire la technique à l’identique mais avec une natte de bambou que l’on utilise habituellement comme pochette pour pinceaux et j’ai bien vu immédiatement l’intérêt d’avoir le bon matériel (en plus du savoir faire et de l’expérience :-)).
    Merci.
    Bonne continuation
    Manu

    1. Meric Manu,
      Pour trouver un su en France, je pense que cela est très difficile ^_^ Je vous ai envoyé un email avec quelques élements de réponse qui j’espère, vous aideront dans votre fabrication de papier.

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