SHO1: La calligraphie japonaise moderne

SHO1 (prononcez sho un) est le nom de l’exposition au musée Guimet sur la calligraphie japonaise contemporaine, organisée avec l’Association de Calligraphie Mainichishodo kai (voir plus bas). J’espère vous donnez l’envie de vous y rendre, car l’exposition s’adresse à tous, novices en bichromie japonaise ou amateurs éclairés du pinceau. Et aussi, un petit jeu-concours ludique vous attend à la fin de l’article ! L’exposition SHO1 a lieu du 14 mars au 14 mai, deux mois pour venir admirer ces calligraphies qui vous transporteront au Japon.

Je me suis rendue au vernissage de l’exposition ce mardi 13 après avoir gagné une invitation offert par le Musée Guimet. Durant ce vernissage, des démonstrations de calligraphies ont été efféctuées par les Maîtres de l’Association de Calligraphie Mainichi et l’on pouvait visiter l’expo à loisir. N’ayant que peu de bases venues d’un apprentissage intermittent du chinois, j’ai appris énormément sur la calligraphie. J’ai pris beaucoup de photo et de vidéo que je mettrais en ligne très bientôt qui sont visibles ici pour piquer un peu plus votre intérêt…Il y a tellement à vous faire partager et à commenter sur cette journée qu’il faudrait que je fasse un autre article! Mais restons simple et intéressons-nous plutôt à ce que vous, vous allez voir ;)

Un petit mot pour comprendre l’exposition
Peut-être le savez-vous déjà, la langue japonaise utilise 3 syllabaires:

  • les kanji qui sont les idéogrammes chinois introduits au 1er siècle,
  • les hiragana qui sont des kanjis cursifs simplifiés au maximum et qui transcrivent l’ensemble des sons du japonais (inventés à l’époque Nara),
  • les katakana qui sont aussi des kanji simplifiés qui ont été développé à l’époque Heian en même temps que le développement de l’écrit par toutes les classes nobles et érudites japonaises.

Maître calligraphe de Mainichishodo kai

« 發憤忘食樂以忘憂 »:
Suer sang et eau et en oublier de manger,
Jouir de la vie et en oublier d’être triste.
tiré des Analectes de Confucius

Le shodō 書道, la Voie de l’écriture que je vous traduirais simplement par le mot calligraphie, est donc un art propre au Japon avec ses codes et ses outils développés par les maîtres calligraphes japonais. Mais le shodō puise sans le cacher ses origines dans la calligraphie chinoise qui fut le premier système d’écriture introduit au Japon par des écrits bouddhiques. En même temps que l’élaboration des kanas, la calligraphie japonaise s’est peu à peu émancipée de l’influence chinoise et s’est forgée sa propre voie, jusqu’à la deuxième moitié du 20è siècle.

En effet, c’est après la 2nde Guerre mondiale que plusieurs maîtres calligraphes se sont réunis pour repenser la calligraphie japonaise et lui insufler un nouveau sens esthétique, notamment par l’introduction de l’art abstrait venu d’Occident. Ce collectif de grands maîtres a fondé l’Association de Calligraphie du journal Mainichi Shimbun (Mainichishodo kai), qui organise chaque année depuis 1948 un concours national de calligraphie dont le gagnant est  distingué par le Ministère de l’Education, de la Culture, des Sports et des Sciences&Technologies.

L’exposition SHO1 est donc l’occasion de découvrir l’oeuvre de ces Maîtres, l’importance de l’Association Mainichishodo pour la promotion de la calligraphie japonaise, mais surtout les nouveaux styles de calligraphie modernes développés depuis 50 ans et récompensés lors des concours de la Mainichishodo kai. Une vidéo de la Mainichishodo Kai projetée pendant l’exposition vous présente l’histoire de la calligraphie mieux que moi en suivant ce lien.


L’exposition SHO1
Maintenant que vous êtes au parfum, l’exposition prend une tournure plus intéressante. Il n’y pas besoin d’être fin calligraphe soi-même ou de maîtriser les idéogrammes chinois pour apprécier l’exposition. Justement, tout l’intérêt de la calligraphie japonaise moderne est qu’elle s’est émancipée de celle chinoise pour laisser paraître un style moins austère et parfois figuratif, peut-être pour retrouver l’origine première des idéogrammes: un dessin simplifié de la nature. Il y a quelque chose à la fois de très serein et de très énergique dans les oeuvres qui sont exposées.

Pour rentrer dans les détails, l’exposition nous montre les 7 genres calligraphiques qui sont:

  • les kanji qui regroupent les oeuvres de plus de 3 caractère chinois traditionnels
  • le daijisho qui regroupe les oeuvres où un ou deux kanji sont tracés en très gros de manière plastiques (couleur de l’encre, espace, épaisseur des traits et leur tracés)
  • les kana qui regroupent les oeuvres où sont tracés kanji et kana (hiragana et katakana) dans une calligraphie fluide et dynamique
  • le kindai shibunsho qui regroupe les calligraphies de phrases ou de poèmes japonais
  • le zen ei shodo qui regroupe les oeuvres du style moderne qui bouleverse les codes de la calligraphie classique
  • le kokuji qui sont des calligraphies en relief car les écritures sont gravées sur du bambou ou du bois
  • le tenkoku où la calligraphie prend une écriture sigillaire (sous forme de sceau)

Hop, hop, hop! Ya trop de blabla dans ce que tu nous racontes, Emi…Oui, vous avez raison ;)


Le jeu concours pour tout comprendre en un clin d’oeil
Alors on va jouer à un jeu pour mieux comprendre ! Comme ça, vous serez incollable sur la calligraphie japonaise moderne sans même le sentir passer et vous pourrez frimer lors de votre visite de l’exposition.

A la clé de ce jeu, je vous propose de gagner le hors série de Art Absolument (photo ci-contre) avec de superbes photo et explications des calligraphies majeures de l’exposition SHO1.

Pour participer, répondez aux 3 questions pour faire connaissance avec la calligraphie moderne japonaise et postez vos réponses en commentaire. Le concours se termine le 31 mars à 23h59. Le gagnant sera tiré au sort parmis les bonnes et/ou les meilleures réponses le 1er avril.

Allez, voici la question n°1
Pour chaque calligraphie, retrouvez les caractères qui ont été tracés. Passez votre souris sur les photo pour voire aparaître le numéro de la calligraphie et former des paires (ex: 1A, 2B,3C…). Attention, il y a un petit piège ;)

A.辿
B.平安
C.龍のポーズ
D.創
E.龢心
F.よろこび

Voici la question n°2
Retrouvez le genre calligraphique de chacune des oeuvres en photo ci-dessous. Les 7 genres à retrouver sont donnés dans les explications précédentes. Passez votre souris sur les photo pour faire apparaître leur numéro et former des paires (ex: 1 kanji, 2 daijisho…)

Et enfin, la question n°3
L’affiche de l’exposition représente une calligraphie de Tejima Yukei, un des grands Maîtres qui a fondé la Mainichishodo Kai et instauré la calligraphie moderne. Saurez-vous comprendre le sens de sa calligraphie rien qu’en l’observant?


A. Le coeur
B. L’envol
C. La pose du Dragon
D. Le frigidaire


Bonne chance à tous!

4 réflexions sur “ SHO1: La calligraphie japonaise moderne ”

    1. De rien. Moi non plus, je ne savais pas qu’il existait un courant moderne en calligraphie. Lorsque l’on apprend le chinois et le japonais, l’expo nous apporte un nouveau regard sur les calligraphies que l’on rencontre après. Est-ce que tu fais de la calligraphie en même temps que tu apprends le japonais? En chinois, c’est un peu un enseignement complémentaire obligé de la langue pour apprendre à bien tracer les kanji :p

  1. *___* il faut a tout prix que j’aille voir cette expo !!!

    Très bon compte rendu, et très pédagogique. J’aime toujours sentir ton enthousiasme percer dans tes propos. Il y a vraiment plein de jolies choses à voir en ce moment sur Paris autours du Japon.

    1. Eheheh, merci ^_^ Je dirais trop de choses même…On a pas le temps de tout faire :-/ Question de profiter d’un effet de « mode » (le mot est très mal choisi) ?

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