Visitez le Japon!

La saison des sakura est bientôt là au Japon. La floraison des cerisiers est l’évènement le plus attendu de l’année par les Japonais, et sûrement celui qui attire le plus de touristes au Japon. Et certains pensent aussi sûrement à vos vacances d’été?
Seulement, depuis le tsunami et l’accident de Fukushima de l’année dernière, j’entends deux sons de cloches différents: pour certains, se rendre au Japon est un acte de soutien envers le pays, et pour d’autres, c’est un acte de folie car le pays entier serait contaminé. Que faire? Faut-il coûte que coûte préparer son voyage en faisant fi des avertissements ou bien faut-il ravaler ses projets et se tourner vers d’autres destinations, non sans oublier d’aider le Japon par d’autres moyens que de se rendre sur place?

Les catastrophes du 11 mars mettent aujourd’hui les gens qui veulent se rendre au Japon devant 2 choix: les régions dévastées par le tsunami et les familles des 20 000 morts et disparus ont besoin de se reconstruire, la reprise du tourisme sert de manière évidente le soutien économique du pays. Mais la peur face l’inconnue que représente la radioactivité issue de la centrale à Fukushima donne aux moins téméraires des raisons de repenser un départ pour le Japon. Quelqu’il soit, le choix de partir au Japon ou pas n’est pas à montrer du doigt. Je pense que la meilleure façon de se décider est de lire l’avis des gens sur place. J’ai une préférence pour les forum consacrés au Japon car les gens dialoguent/ conseillent/ avertissent (j’aime bien lire le Forum Japon).

Moi, j’ai fait mon choix et je pars sans aucune hésitation. C’est personnel car ma conviction est qu’il faut soutenir les Japonais qui veulent aller de l’avant. Je ne crois pas que tout le pays soit contaminé, et rester 10 à 15 jours dans le pays ne représente pas grand risque. Biensûr qu’il faut faire attention à ce que l’on mange; je vous invite à ne pas hésiter à demander la provenance des aliments dans votre assiette. C’est ce que je ferai, qui plus est parce que je resterai quelques années. Quant à avoir un compteur geiger pour contrôler la contamination des aliments, le risque est plus grand d’acheter un appareil fantaisiste de mauvaise qualité et de devenir paranoïaque que d’apprendre à lire le nom des préfectures sur les étiquettes de provenance.

Alors, arrêtons de tirer sur l’ambulance!

Le Japon, ce n’est pas que Fukushima et partir pour profiter du reste du pays, ce n’est pas un acte égoïste, non, non! Alors je prends part aux messages de relance des gens sur place, les Japonais autant que les expatriés : visitez le Japon car les Japonais ont besoin de vous et les sakuras vous attendent ^_^. Je finis en citant le blog Horizons du Japon :

« Visiter le Japon aujourd’hui ou dans plusieurs années, quand l’eau aura coulé sous les ponts et que l’on aura un peu oublié tout ça, ça change quoi concrètement ?
Par contre, c’est aujourd’hui que le Japon a besoin de vous.
Pas demain. »

A lire
Visiter le Japon, c’est une marque de solidarité
Pourquoi vous devez voyager au Japon
L’appel du Japon
Carte de la radioactivité au Japon
Carte de la radioactvité en France
Conseils aux voyageurs- France Diplomatie

Et si vous ne partez pas, vous pouvez toujours trouver des initiatives autour de vous ou sur internet pour soutenir la reconstruction du pays.

9 réflexions sur “ Visitez le Japon! ”

  1. J’espère très prochainement retourner au Japon et si possible pour un an.
    J’y vais seulement car j’aime ce pays et que 10 jours ne m’ont pas suffit.
    J’irai sans arrière pensé en me demandant si c’est un acte solidaire ou suicidaire. Évidement que je vais faire attention à mon alimentation mais sans plus.
    J’espère que tu nous montrera tes photos !!! (*^_^*)

  2. Bravo pour cet article, un des plus intelligents que j’ai eu l’occasion de lire pour des voyages post-Fukushima. Je fais aussi le choix de partir au Japon. Comme le dit Kyoko vivement les photos :)

    1. Merci, c’est aussi un peu de militantisme pour tous les Japonais qui font d’énormes efforts pour se relever :) Moi aussi j’attends de voir des photos de ton séjour là-bas!

  3. Au risque de me répéter, je vais émettre encore quelques nuances. Car si partir 15 jours limite le temps d’exposition notamment en partant dans le sud du Japon, partir sur une longue durée n’a en effet plus les mêmes conséquences. C’est logique.

    Quand tu dis que tu entends 2 sons de cloches quant au fait de partir au Japon, encore une fois, tu fais ici un amalgame de ceux qui ont mis en garde de façon très lucides contrairement à tous ceux qui, laxistes, pensent pouvoir se permettre de partir sans jamais considérer un seul instant les risques sanitaires de façon réellement sérieuses : cela dépend où, comment, dans quelles circonstances.

    De plus, ceux qui tentent désespérément de promouvoir actuellement les voyages au Japon me paraissent bien plus inconscient (bien que partant de bonnes intentions de base) que ceux qui, précautionneux de la santé des voyageurs, analysent et cherchent des informations cruciales car étant sur le qui vive. Car nous n’avons rien à perdre à être concernés et soupçonneux.

    Nous ne pouvons plaisanter actuellement avec les questions de radioactivité. Les gens semblent prendre cela avec un peu trop de légèreté.

    « Visiter le Japon aujourd’hui ou dans plusieurs années, quand l’eau aura coulé sous les ponts et que l’on aura un peu oublié tout ça, ça change quoi concrètement ?
    Par contre, c’est aujourd’hui que le Japon a besoin de vous.
    Pas demain. »

    L’eau aura coulé sous les ponts dans l’imagination des gens. Je trouve ça plutôt navrant de voir qu’il y a déjà des gens qui encouragent déjà à l’oubli, alors qu’il s’agit ici de problèmes qui vont au minimum perdurer pendant des siècles dans la région du Tôhoku, avec des conséquences épidémiologiques sur plusieurs générations.

    Le Japon a actuellement surtout besoin d’accepter la vérité en face, sa population dans certaines zones à notamment besoin d’être évacuée, et ce n’est qu’en commençant à être honnête d’abord envers son propre peuple qu’il pourra éventuellement tirer toutes les leçons de Fukushima.

    Malheureusement nous en sommes très très loin. Les dirigeants du gouvernement japonais agissent comme des criminels, sous couvert de mensonges, de désinformations pour défendre leurs intérêts économiques qui n’aident en rien les population locale les plus désespérés. Personnellement, je n’ai pas du tout envie de soutenir cette mascarade morbide et absurde, qui consiste à se faire de l’argent sous prétexte qu’il faut reconstruire. C’est ainsi qu’ils comptent renvoyer à Fukushima, à l’intérieur des 20-30 km, les habitants auparavant évacué, pour les encourager à vivre sur des zones hautement radioactives, comme si de rien n’était. Je le répète: tout cela est criminel.

    Si 1 an après l’explosion de Tchernobyl, des individus avaient fait la promotion de voyage touristique là bas, je pense que l’état d’esprit des gens n’auraient absolument pas été les mêmes: on se serait offusqué en disant « comment peuvent-ils pousser les gens à aller là bas? « . Forcément dès qu’il s’agit du Japon, rien ne semble être grave, on continue de sourire et surtout à accepter les termes et conditions de la propagande d’un gouvernement fasciste.

    Avoir sur soi un compteur geiger ne va absolument pas protéger contre l’exposition interne. Car elle est la plus dangereuse. Et ce n’est pas l’irradiation externe qui est la plus redoutée actuellement, à part dans les zones les plus proches de Fukushima.

    Concernant Tokyo, il me semble actuellement que la situation devient de plus en plus délicate.

    Arnie Gundersen, expert en énergie notamment en nucléaire, a déclaré récémment après études d’échantillon de sol de Tokyo:

    « There’s contamination out at least 30km, and in some areas perhaps as high as 60km, where people should never return.

    In addition, I was just in Tokyo and took five samples, and those five samples were high enough to qualify as radioactive waste here in North America.

    Contamination goes well beyond Fukushima prefecture… the entire north of the country has a public health hazard here because everyone is exposed to radioactive cesium, radioactive strontium, and other isotopes. »

    Dans le sud les choses vont un peu mieux pour le moment, mais apparemment les gens ne sont pas à l’abris de contamination interne, puisque même à Wakayama, une mère très soucieuse a fait analyser l’urine de son enfants , et s’est avéré être contaminée au cesium 137. Pourtant elle disait faire attention à n’acheter que des produits de provenances choisies…

    Cela fait des mois que je mène mon enquête à titre personnel et je me rend bien compte qu’il y a une volonté délibérée de la part du gouvernement à faire tout ce qu’il ne faut pas dans une situation de crise post-accident nucléaire:

    1/l’incinération des débris hautement contaminé dans tout le Japon, ce qui va permettre même à ceux qui ne sont pas contaminé de respirer de l’air radioactif de façon régulière et ainsi accumuler dans leur organisme.

    2/Le mise sur le marché ouvertement assumée de produits hautement contaminé (le poisson pouvant aller jusqu’à 500bq/kg) sur le marché de Tsukiji. Un ami m’a même envoyé des pommes provenant de Fukushima dans un supermarché de Tokyo. Je les posterai pour preuve.

    3/ Les étiquettes peuvent être falsifiées. Ceci est déjà arrivé à moultes reprises et a fait scandale auprès de la population locale.

    4/ On a retrouvé des particules d’americium à Tokyo (via le professeur Kaltofen), ont été aussi retrouvé de l’Uranium 235 près de la tour de Tokyo. Il faut savoir que les rayonnements ionisants de type neutron ne peuvent pas être mesuré avec n’importe quel type de compteur geiger.

    Ensuite, partir à la saison des cerisiers n’est pas du tout conseillé (cela dépend encore où/ dans quelle région) , puisque l’on sait pertinemment que le pollen cette année (et selon où l’on se trouve : Tokyo par exemple) sera potentiellement contaminé.

    Les risques: par ingestion / par inhalation.

    « Je pense que la meilleure façon de se décider est de lire l’avis des gens sur place.  » > Les gens sur place ont trop peur de voir la réalité en face et donc, vont minimiser. De plus ils sont constamment sujet à être sous l’influence des japonais et de leur mutisme, ce qui ne va certainement pas les pousser à être réellement informés.

    La meilleure façon de s’informer n’est pas d’écouter des gens qui se rassurent mutuellement pour minimiser leurs angoisses.

    La meilleure façon de s’informer à mon avis, est d’écouter les scientifiques INDEPENDANTS qui ont justement pris la peine de mettre en garde. Evidemment, je vous déconseille vivement de prendre au premier degré ce que dit le professeur Shunichi Yamashita, choisi par le gouvernement pour être le responsable de l’université de Fukushima et conseiller pour la mise en place des traitements sanitaires des gens de la région. Car si vous l’écoutez, « sourire, vous protège contre les radiations ».

    Tu sais, Emilie, tu dis que les japonais font « des efforts pour se relever », mais rien n’est terminé et tout ne fait que commencer: c’est à partir de maintenant que les gens commencer à tomber de plus en plus malades. Observe bien. Car cela est déjà entrain d’arriver.

    Le 29 mars aura lieu à Paris, une conférence de la CRIIRAD et du CRMS. Je serai sur place pour poser toutes mes questions et vous les reporter sur le site de l’association Kibô-Promesse.

    Car malgré ma tristesse, et ma déception envers le gouvernement de mon pays, malgré les horreurs qui s’y passent chaque jour, j’aime le Japon. Mais ce pays n’a plus rien à voir avec celui que j’ai connu. Alors au risque de déplaire, je milite non pas pour le Japon en tant que nation, mais pour la recherche de la vérité pour son peuple, qui a le droit de savoir ce qui lui arrive réellement.

    Bien à toi.

  4. Aizen, merci pour ton commentaire. Il apportera un peu de reflexion aux moutons que nous sommes.

    Effectivement, je n’encourage pas les gens à se rendre dans la zone d’évacuation des 20/30 kms. Et concernant la nourriture et sa provenance, je fais confiance aux chiffres. C’est bien de vouloir avertir les gens, mais une fois informé, on doit arrêter de manger et de boire?

    Très pragmatiquement, que faire avec les conséquences immédiates de cet accident? On lit partout que les Japonais sont en plein crise identitaire avec tout ça. Tu vas dire que je généralise mais la plupart des Japonais en dehors de Fukushima, vivent leur vie. Je ne débattrais pas de la mentalité japonaise, de sa propension au « Shikata ga nai », et aussi de la perte vitale pour le pays que représentent les terrains contaminés. Le problème est tellement plus complexe qu’à Tchernobyl et des simples considérations de probabilité de cancer ou pas cancer. Et les Japonais eux-même ne savent pas quoi faire. Alors nous, n’étant pas Japonais et si loin du pays…Autant être utile et appuyer la relève du pays comme ils l’attendent.

    De toutes façons, mon message est le même que tous les autres: qu’il n’y a pas que Fukushima à reconstruire, il y a toutes les autres régions dévastées et des centaines de familles. Et c’est ça que j’encourage. Faut-il les laisser tomber sous prétexte de ne pas jouer la prétendue propagande d’un « gouvernement fasciste », quand eux font tant d’efforts? Ca revient à les punir d’être encore une fois des victimes, de leur dirigeants. J’utilise la même expression que dans mon article, mais ce raisonnement, c’est tirer sur l’ambulance, c’est à dire enfoncer encore plus dans leur misère les gens sur place.

  5. Je précise pour la forme: un compteur geiger ne sert pas à mesurer la contamination en radionucléides, il ne sert qu’à mesurer les émissions en rayonnement gamma.
    Pour mesurer la contamination des produits, il faut utiliser un compteur à particule, lequel peut donner la composition exacte en radionucléides (césium, strontium…) en sachant quand même qu’il s’agit d’un appareillage très lourd et très cher (premier prix 8000 euros).

    Si vous cherchez des compteurs geigers de qualité, la marque russe SOEKS en fabrique de très convenables. Si vous préférez acheter français, la marque Radex est très réputée. Néanmoins souvenez vous, ça ne vous servira à rien pour déterminer la contamination alimentaire.

    Enfin pour les étiquettes, il faut savoir que très souvent seul le lieu de transformation final est indiqué sur les emballages. Si vous tenez à limiter les risques, vous pouvez agrémenter vos repas de fruits et légumes exotiques qui foisonnent au Japon: bananes, ananas, avocats, pamplemousses… méfiez vous toutefois de la viande de boeuf et rappelez vous que hélas, le faux étiquetage est une pratique courante au Japon.

    Bon voyage en tout cas!

  6. Très bel article Émilie! L’équipe Tokyo Lab est mi-japonaise, mi-française, donc nous ne pouvons qu’encourager tout le monde à découvrir la culture japonaise et partir à la rencontrer des habitants. C’est un pays fascinant!

    En attendant de pouvoir vous envoler pour Tokyo, allez donc faire un tour sur Tokyo Lab, le laboratoire des tendances japonaises:

    http://www.tokyolab.fr/

    A bientôt ♪

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